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Main courante : le journal des incidents en temps réel
Journal de bord horodaté de tout ce qui se passe pendant une mission ou un événement. Définition, que consigner, échelle de sévérité G1/G2/G3, valeur probante en cas de litige et version numérique.
Définition
La main courante est le journal de bord chronologique d'une mission de sécurité ou d'un événement. On y consigne, au fil de l'eau, chaque fait marquant : incidents, interventions, décisions, transmissions, arrivées de secours. Chaque entrée porte un horodatage, un type d'incident, un niveau de sévérité, un lieu, un auteur et une description factuelle. C'est la mémoire opérationnelle d'un dispositif et, après coup, la première source du retour d'expérience.
Le piège que connaissent les professionnels : une main courante n'a de valeur que tenue en temps réel. Renseignée a posteriori, de mémoire, en fin de soirée ou la semaine suivante, elle perd l'essentiel de sa force probante. Les horaires deviennent approximatifs, l'ordre des faits se brouille, et un avocat, un assureur ou une autorité y verra une reconstitution plutôt qu'une trace. La discipline d'écriture (consigner tout de suite, factuellement, en se relisant peu) compte donc autant que le contenu lui-même.
Classer la sévérité des incidents
Pour qu'une main courante reste lisible et exploitable, on attribue à chaque entrée un niveau de sévérité. CoSec utilise une échelle à trois degrés, G1 à G3, color-codée pour repérer d'un coup d'œil les événements qui appellent une réaction.
| Degré | Portée | Exemples typiques | Sévérité |
|---|---|---|---|
| G1 | Incident mineur, traité sur place, sans conséquence | Malaise léger, objet trouvé, altercation verbale calmée | Sous contrôle |
| G2 | Incident significatif, à suivre, mobilise des moyens | Blessure nécessitant une ambulance, bagarre, intrusion, panne technique impactante | À traiter |
| G3 | Incident majeur, met en jeu la sécurité du public ou la tenue de l'événement | Mouvement de foule, début d'incendie, évacuation, multi-victimes, menace | Critique |
Cette échelle est un outil de tri interne, pas une norme officielle : ce qui compte, c'est de l'utiliser de façon cohérente sur toute la mission. Le passage à G3 doit déclencher la fiche réflexe correspondante et la remontée immédiate au responsable de dispositif. La codification ne remplace jamais la description : un G2 mal décrit vaut moins qu'un G1 précis.
Que consigner, quand, comment
Une entrée de main courante utile suit une logique simple :
- Horodatez immédiatement : notez l'heure de l'observation au moment où elle se produit, pas l'heure de la rédaction. C'est l'écart entre les deux qui fragilise une main courante reconstituée.
- Décrivez les faits : ce qui a été vu, entendu, fait. Évitez les jugements et les suppositions. « Individu au sol devant l'entrée nord, ne répond pas » plutôt que « ivrogne évanoui ».
- Qualifiez : type d'incident (médical, technique, sécurité, sûreté, public, autre) et sévérité G1/G2/G3.
- Localisez et nommez les acteurs : poste ou zone concernée, et qui est intervenu (agent, ambulance, police, pompiers, organisateur, témoin).
- Documentez si besoin : une photo rattachée à l'entrée vaut mieux qu'un long paragraphe, surtout pour un dégât matériel ou un dispositif en place.
- Clôturez l'incident : notez l'heure et l'issue (résolu, transmis, en cours). Un incident ouvert sans suite est un angle mort.
Exemple d'entrée bien tenue : « 22h14 · Sécurité · G2 · Entrée nord · Bousculade à l'ouverture des portes, deux personnes au sol, relevées sans blessure. Renfort de deux agents, flux ralenti. Acteurs : agents Poste 3, régisseur. Clôturé 22h21. » Tout y est : heure, type, sévérité, lieu, faits, acteurs, clôture.
Main courante et concept de sécurité
En Suisse, la tenue d'une main courante fait partie des bonnes pratiques attendues d'un dispositif et se rattache au concept de sécurité de la manifestation : c'est lui qui définit qui tient la main courante, quels événements y figurent et comment l'information remonte. Elle est le complément opérationnel des fiches réflexe (qui disent quoi faire) et de l'analyse de risques (qui dit ce qu'on redoute) : la main courante, elle, dit ce qui s'est réellement produit. En fin de mission, elle alimente directement le retour d'expérience. Décider du contenu, des rôles et de la conservation reste la responsabilité de l'organisateur et de l'autorité compétente ; cette page décrit la méthode, pas une obligation réglementaire chiffrée.
Questions fréquentes
À quoi sert une main courante de sécurité ?
Elle constitue la trace chronologique et horodatée de tout ce qui s'est passé pendant une mission ou un événement : incidents, décisions, interventions, transmissions. Elle sert à coordonner les équipes en temps réel, à objectiver les faits en cas de litige ou d'assurance, et à nourrir le retour d'expérience une fois l'événement terminé.
Que doit contenir une entrée de main courante ?
Au minimum : l'horodatage précis (date et heure), le type d'incident, le niveau de sévérité, le lieu, l'auteur de la saisie et une description factuelle de ce qui a été observé et fait. Selon le cas, on y ajoute les acteurs impliqués (ambulance, police, pompiers, organisateur, témoins) et des photos. On consigne des faits, pas des interprétations.
Main courante papier ou numérique ?
Le papier reste valable mais montre vite ses limites : horodatage approximatif, écriture illisible, difficile à partager entre postes, photos non rattachées. Une main courante numérique horodate automatiquement chaque entrée, la diffuse en temps réel à toute l'équipe, rattache les photos et s'exporte proprement en fin de mission. L'essentiel n'est pas le support, mais la tenue en temps réel.
Quelle valeur a une main courante en cas de litige ?
Sa force dépend de sa rigueur : entrées horodatées au fil de l'eau, faits décrits sans jugement, auteur identifié, document non modifiable a posteriori. Une main courante reconstituée après coup perd l'essentiel de sa valeur probante. Renseignée en temps réel et conservée intacte, elle devient une pièce solide pour l'organisateur, l'assurance ou l'autorité compétente.
La main courante numérique de CoSec
CoSec embarque une main courante temps réel : chaque incident est horodaté automatiquement, qualifié par type et par sévérité G1/G2/G3, localisé, rattaché à ses acteurs et à ses photos. Le dashboard se met à jour en direct pour toute l'équipe, et en fin de mission le journal s'exporte proprement en Word, Excel ou CSV pour l'organisateur, l'assurance ou le retour d'expérience.
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